Lorsque Bernice Worden disparaît par un petit matin de novembre 1957, les soupçons se portent immédiatement sur Edward Gein, un vieux célibataire qui vit dans les bois et lui tournait autour depuis quelque temps. La police se rend chez lui, et Plainfield devient soudain « le village de l'horreur » ; un village dont le monde entier entend parler. Car ce n'est pas seulement Bernice Worden que les policiers retrouvent, pendue par les pieds dans une grange et vidée comme un cerf, mais des dizaines de restes macabres provenant d'autant de cadavres, transformés en pièces de mobilier et de décoration par Gein : abats-jours et fauteuils en peau humaine, bols faits de crânes, scalps, crânes au pied du lit… Le plus horrible était sans doute ce masque provenant d'un visage et ce torse de femme fabriqué à partir de plusieurs corps, que Gein enfilait dans une sinistre tentative de changement de sexe. L'horreur est telle qu'Edward Gein devient du jour au lendemain un synonyme de goule. Les médias s'emparent de son cas. Robert Bloch écrit Psychose en se basant sur son histoire et Hitchcock adapte ce roman à l'écran, lançant ainsi la mode des « slashers », ces films d'horreur où des jeunes gens se font assassiner par des tueurs implacables… Puis viendront les classiques : « Massacre à la tronçonneuse » et « Le silence des agneaux ». Le petit bonhomme inoffensif de Plainfield avait gagné sa place au panthéon de l'horreur.